Débourrage du cheval : Le dressage, comment ça se passe ?

Débourrage du cheval
Débourrage du cheval

Le débourrage des chevaux… Voilà un concept vieux comme le monde, apparu au moment où l’homme eut l’idée de monter sur le dos d’un cheval pour les besoins de la chasse, de l’agriculture et de la guerre. Et une pratique qui, mis à part l’avènement de l’équitation naturelle, a peu changé au fil des décennies.

A chacun sa technique ici pour gagner la confiance et le respect de l’animal. Mais le dressage des chevaux, tout en constituant un exercice passionnant, peut aussi revêtir des allures de véritable défi. Entre compétences de base, apprentissage mutuel et imprévisibilité, comment aborder le dressage en douceur ?

Débourrage : La confiance avant tout

En termes de dressage, deux méthodes s’affrontent.

Certains ne jureront que par la méthode dure, caractérisée par une certaine domination de l’homme sur l’équidé. Le cheval, contraint de faire selon votre volonté, finira par vous obéir mais ne prendra guère de plaisir dans les exercices à pied et sera régulièrement tenté de se rebeller. Ce n’est pas ainsi que se construit une relation saine et durable.

La confiance avant tout
La confiance avant tout

Le débourrage d’un cheval n’a certainement pas pour vocation d’en faire une machine soumise et mécanique, mais plutôt de le préparer pour l’équitation. L’objectif est d’apprendre à l’animal à accepter le licou, la marche et les ordres de base. On considèrera qu’un cheval est débourré lorsqu’il sera possible de le monter en toute sécurité. Et cela prend du temps.

Comptez environ 40 à 60 jours pour des résultats satisfaisants, sur un cheval de plus de deux ans minimum. D’autres facteurs seront toutefois à prendre en compte tels que le caractère et la race du cheval. Il sera par exemple possible de monter un pur-sang moyen dès l’âge de 18 mois, là où d’autres races ne seront prêtes qu’à partir de 3 ou 4 ans. En cela, le débourrage touche largement à l’éthologie, qui s’intéresse au comportement des animaux. C’est la raison pour laquelle il est souvent question de psychologie dans le dressage !

Pour un apprentissage très doux, le cavalier et son cheval pourront être rejoints par un autre cavalier et un autre cheval plus expérimentés. Votre compagnon, en voyant un autre cheval à l’aise avec les exercices qu’il ne maîtrise pas encore, sera plus enclin à essayer. En particulier si quelques friandises l’attendent à l’arrivée.

Une fois la confiance du cheval acquise, vous pouvez commencer l’entraînement au licol. Mais n’allons pas trop vite !

Comment débourrer un cheval ?

La préparation initiale

Un cheval commence à apprendre dès le premier jour de la naissance. Par conséquent, vous éviterez si possible de séparer un poulain de sa mère trop tôt. Vous patienterez jusqu’au sevrage, et compterez plutôt sur la jument pour habituer le petit à la présence et à la voix des humains. Voir la mère accepter les soins humains et un cavalier sur son dos aidera généralement le poulain à développer sa confiance.

D’autant que prendre soin du poulain dès le premier jour vous aidera à vous lier d’amitié avec lui. Le jeune cheval vous permettra ensuite de l’apprivoiser plus rapidement, en misant sur le brossage et sur des caresses régulières.

Certains éleveurs suggèrent également de placer une selle, des rênes et d’autres équipements à côté du poulain pendant la nuit, pour lui permettre de les renifler et de s’y habituer.

Un travail préparatoire devra ainsi être effectué en amont du débourrage, et afin d’entraîner votre animal à :

  • Réagir à son nom et s’approcher lorsque vous l’appelez.
  • Se tenir debout immobile sur demande, au lieu de vous suivre à chaque fois que vous vous déplacez.
  • Se laisser attacher sans se débattre.
  • Profiter du toilettage sans s’opposer à votre toucher.

Le débourrage étape par étape

Prêt(e) à passer à la suite ?

Certains dresseurs ne jurent que par la méthode naturelle ou le renforcement positif, là où d’autres en sont encore au dressage à l’ancienne, façon cowboy. Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’il n’existe pas une méthode unique mais la méthode adaptée aux habitudes et au tempérament de votre cheval. A vous de rester à l’écoute, et de créer un programme sur-mesure qui sera confortable pour tous les deux !

Vous vous armerez de patience et vous équiperez du minimum standard requis. Un travail à la longe, une selle et une corde notamment. Assurez-vous également de toujours disposer de suffisamment d’espace pour travailler avec votre animal, et éviter les blessures.

Je gagne la confiance du cheval

La confiance, encore et toujours ! Votre cheval ne coopérera que s’il se sent en sécurité et détendu en votre compagnie. Soyez doux avec un poulain et laissez toujours suffisamment d’espace autour de vous avant de vous en approcher.

Je gagne la confiance du cheval
Je gagne la confiance du cheval

Pour contrer son instinct qui lui soufflera spontanément de s’éloigner lorsque vous ferez quelques pas en avant, vous prendrez le temps de laisser l’animal s’avancer lui-même vers vous.

Je récompense les progrès

Chaque réaction, chaque comportement devra être récompensé pour favoriser la coopération et l’obéissance. En particulier durant les premiers jours du débourrage, là où le cheval n’est pas encore totalement certain de pouvoir vous faire confiance.

En plus des friandises, accordez à votre cheval du temps de jeu supplémentaire au pré. Permettez-lui de passer du temps avec d’autres chevaux, caresser-le et murmurez-lui quelques mots doux.

Tout particulièrement, n’oubliez jamais de lui donner une friandise après avoir accepté la bride, ou porté une selle pour la première fois.

J’apprends la désensibilisation

Le bruit, le toucher, les objets environnants peuvent rapidement surprendre et effrayer votre cheval. Vous devrez avoir recours à la désensibilisation pour apaiser ses craintes. La meilleure option ? Confronter le cheval à une source d’anxiété tout en lui offrant une récompense. Au fil du temps, le cheval apprendra à ne pas avoir peur ou à réagir à la hâte.


Comment poursuivre le dressage de mon cheval ?

Vous avez bien progressé ensemble, mais l’entraînement ne fait que commencer ! Quoi de prévu à présent ?

J’habitue mon cheval au licou

Pour aider votre poulain à porter un licou, il vous faudra passer du temps avec lui tous les jours, et lui permettre de vous voir mettre des licous sur d’autres chevaux. Passez du temps à brosser et à caresser la tête du poulain, et n’oubliez pas de donner le gâter avec quelques friandises.

J'habitue mon cheval au licou
J’habitue mon cheval au licou

J’habitue mon cheval au mors et à la bride

L’entraînement à la bride pourra commencer dès que la tête de votre poulain aura atteint sa taille complète. Vous aurez alors recours au mors le moins restrictif possible. Cet entraînement devra également être fait à l’aide de friandises, que le poulain pourra manipuler avec le mors dans la bouche. Une fois celui-ci habitué à un type d’équipement particulier, vous ne devrez plus en changer.


J’habitue mon cheval à la selle

Une fois que votre cheval aura appris à se déplacer à différentes allures telles que le trot, le galop, et à vous écouter, vous poursuivrez le travail en l’habituant à la selle et aux étriers. Vous commencerez par retirer votre veste et la placer sur le dos de l’animal. Celui-ci reconnaîtra votre odeur, et ne paniquera pas.

Promenez-vous ainsi avec la veste puis, remplacez-là par un tapis de selle ou une couverture. Et récompensez ici encore le calme et l’absence de réactions négatives. Vous irez ensuite progressivement, en vous appuyant et en vous penchant de plus en plus sur lui, tandis que vous le brosserez par exemple. Assurez-vous de pouvoir vous éloigner rapidement du cheval, si nécessaire.

Enfin, mettez une selle sur le cheval. Vous vous assurerez davantage de succès en lui permettant d’être entouré d’autres animaux déjà scellés, afin de l’habituer à l’idée. Veillez dans tous les cas à ce que celui-ci soit d’accord avant de planifier la première randonnée !

Une fois sur son dos pour la première fois, ne le montez pas plus de 10 minutes. Soyez patient(e), et prolongez les promenades au fil du temps sans forcer l’animal à faire plus que ce qu’il est prêt à faire. Toute désapprobation, tout rejet sera le signe qu’il vous faudra prendre du recul et prolonger la formation plutôt que de forcer à l’obéissance.

Dans tous les cas, n’interprétez jamais l’immobilité de votre cheval comme un signe de détente. Celui-ci peut très bien être paralysé par la peur, et réagir violemment dès qu’il lui faudra avancer !

Une fois la locomotion au sol acquise, tout comme l’habitude à porter une selle et un cavalier, il s’agira d’entraîner votre cheval à réagir à diverses circonstances. A accélérer, décélérer et prendre correctement les virages pour un contrôle optimal. Le tout dans le calme. Ouf !

J'habitue mon cheval à la selle
J’habitue mon cheval à la selle


Un cheval débourré, correctement dressé, sera un cheval qui se laissera monter par pratiquement tous les cavaliers. Un animal parfaitement calme, qui ne sursautera pas facilement, ce qui le rendra fiable. Les écoles et centres d’entraînement ont recours presque exclusivement à des chevaux bien débourrés pour les cours d’équitation.

Une initiation indispensable pour profiter au mieux de votre sport équestre préféré, voire participer à ces courses hippiques qui vous font tant rêver !

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