Comment calculer la ration de mon cheval ?

Comment calculer la ration de mon cheval ?
Comment calculer la ration de mon cheval ?

Comment être sûr que la ration que vous donnez à votre cheval est adaptée à ses besoins nutritionnels ? Comment mieux objectiver l’intensité du travail pour mieux évaluer ces mêmes besoins nutritionnels ?

Entre le pansage, les exercices et les visites régulières chez le vétérinaire, l’alimentation est elle aussi une manière de vous assurer du bien-être de votre équidé. Réfléchissons ensemble à la meilleure façon de remplir sa mangeoire !

Comprendre le calcul de la ration

Le calcul de la ration du cheval est la somme de deux besoins primaires. On parle parfois de besoins d’entretien et de besoins de production.

Les besoins d’entretien correspondent aux dépenses énergétiques de l’organisme, pour se maintenir en vie. Celles-ci permettent d’assurer toutes les fonctions vitales : respiration, digestion, élimination des déchets, thermorégulation, activités des différents organes… Elles dépendent du poids du cheval, mais aussi de sa condition physique, de son sexe, son tempérament, sa santé globale. Et même de certains facteurs environnementaux tels que le climat.

Lorsque l’organisme est mis à rude épreuve (travail musculaire du cheval de sport, croissance du jeune animal, gestation et lactation de la poulinière…), les besoins nutritionnels augmentent. On parle alors de besoins de production, et ceux-ci s’ajoutent aux besoins d’entretien.

Comment être sûr que la ration que nous donnons à notre cheval est adaptée à ses besoins nutritionnels ?

C’est en raison de ces besoins de production qu’historiquement, l’homme a commencé à nourrir les chevaux avec des céréales. Le cheval de trait et le cheval de guerre avaient une activité si intense !
L’utilisation des céréales était donc nécessaire pour satisfaire un double objectif. Augmenter l’apport énergétique tout d’abord, mais aussi limiter le temps des repas.

Comment calculer les besoins d’entretien de mon cheval ?

Pour cela, tout est une question de… génétique !

Le métabolisme de base (et donc les besoins) varie d’une race à l’autre. Par exemple, les poneys ont un métabolisme de base relativement faible et ont donc des besoins énergétiques relativement faibles. Ils peuvent donc se satisfaire d’une alimentation frugale. A l’inverse, les chevaux proches des pur-sang ont tendance à avoir un taux métabolique élevé, avec des besoins d’entretien qui seront donc également élevés.

Mais il existe aussi des variations liées aux caractéristiques génétiques de chaque individu. Mais oui, vous savez bien ! Vous avez déjà été agacé(e) par cette personne capable d’avaler nonchalamment des tonnes de nourriture sans prendre un seul gramme, alors que vous grossissez rien qu’en regardant votre dessert. Eh bien, avec les chevaux, c’est à peu près la même chose.

Les besoins d’entretien peuvent également varier en fonction du mode de vie du cheval. Par exemple, si celui-ci vit dans un environnement chaud ou s’il est au pâturage sans abri.

Comment calculer les besoins de production de mon cheval ?

Ces besoins de production sont liés à tous les besoins supplémentaires : gestation, croissance, travail…

La difficulté sera ici de mesurer précisément l’intensité de l’effort. L’INRA (Institut Français de la Recherche Agronomique) ne détermine en effet que 4 niveaux d’effort : très léger, léger, modéré et intense. Voilà qui est déjà bien… Sans être vraiment objectif.

Comment savoir si votre travail est léger, modéré ou intense ? Et bien, la dépense énergétique d’un cheval au travail, et donc ses besoins de production, ne se mesurent que par une seule chose : la fréquence cardiaque. A ce sujet, des chercheurs ont mis au point une formule afin de passer facilement de la fréquence cardiaque au VO2 (le volume d’oxygène consommé), et enfin à l’énergie dépensée. Le calcul nous donne un résultat en calories, mais il est facile de transposer cela en UFC !

En mesurant quotidiennement la fréquence cardiaque pendant l’entraînement, vous pourrez donc avoir un suivi complet de l’énergie dépensée par le cheval. Et donc catégoriser plus précisément le niveau d’intensité de l’entraînement, pour calculer la ration du cheval en conséquence.

Pour un cheval de selle de 500 kilos, les apports journaliers recommandés se présenteront comme suit :

  • Au repos : 4,1 (UFC). 267 MADC (Matières Azotées Digestibles Cheval, exprimées en grammes). 7,5 à 9,5 kg de matières sèches.
  • Travail très léger : 5,3 (UFC). 382 MADC. 9 à 10,5 kg de matières sèches.
  • Travail léger : 7,1 (UFC). 511 MADC. 10 à 12,5 kg de matières sèches.
  • Travail modéré : 7,8(UFC). 562 MADC. 11 à 13,5 kg de matières sèches.
  • Travail intense : 8,3 (UFC). 594 MADC. 10 à 12,5 kg de matières sèches.
Pour calculer la ration d’un cheval, il faut ajouter les besoins de production aux besoins d’entretien.


4 erreurs à éviter dans le calcul de la ration de votre cheval

Ne pas tenir compte du volume

Autre chose importante à considérer, la capacité de votre cheval à ingérer un volume donné de nourriture. C’est ce que l’on appelle l’ingestion. Elle correspond en réalité au niveau de consommation volontaire du cheval. Celle-ci est très importante, car c’est elle qui définit le volume global de la ration. Et qui détermine donc la concentration en nutriments nécessaire pour couvrir les besoins.

Pour vous donner une idée, chez un cheval adulte de 500 kg, nous observerons des variations de 8 à 12 kg de matière sèche par jour, selon l’intensité du travail.

Voilà pourquoi, pour les chevaux ayant des besoins nutritionnels élevés, des aliments spécifiques doivent être formulés où se concentreront les nutriments nécessaires (énergie, protéines, lipides, micronutriments). Le tout dans un volume d’alimentation équilibré, ni trop faible, ni trop élevé.

Sous/Surestimer l’apport en fourrage

Le fourrage joue un rôle indispensable sur le confort psychique du cheval mais pas que ! Il contribue également à la couverture des besoins nutritionnels. La difficulté? Le quantifier !

Il sera indispensable de peser le foin pour pouvoir l’intégrer dans le calcul de la ration. En effet, vous aurez souvent l’impression de mettre plus que la réalité réelle. De plus, la qualité des fourrages tant pâturés (herbe) que conservés (foin) est bien sûr très hétérogène. Et fluctue au cours de l’année.

Une analyse fourragère permettra d’obtenir ces valeurs puis de les utiliser pour déterminer le complément le plus adapté.

Choisir un aliment en se basant uniquement sur l’étiquette et les ingrédients

Lorsque les besoins énergétiques, protéiques, vitaminiques et en minéraux ne sont pas entièrement couverts par le fourrage, il faut choisir l’aliment le plus adapté. Et souvent, le premier réflexe consistera à regarder les ingrédients et notamment les céréales utilisées. Cependant, ces informations ne sont vraiment utiles que si vous souhaitez éviter un certain ingrédient.

L’étiquette de son côté affiche en réalité plus d’informations réglementaires que d’informations nutritionnelles utiles.

Reportez-vous plutôt aux fiches techniques que les fabricants mettent à votre disposition sur Internet.

Mettre en place un programme alimentaire calculé au plus près des besoins nutritionnels de votre cheval.

Détourner l’usage de la nourriture

Gardez à l’esprit qu’un aliment a été formulé pour une situation spécifique. Un aliment adulte ne sera pas assez riche en protéines pour une poulinière en lactation. A l’inverse, un aliment sport sera trop énergétique pour un cheval de club. Enfin, une alimentation complémentaire de fourrage ET de céréales suppose aussi un apport de céréales dans la ration etc. Bref, respecter le mode d’emploi est le meilleur moyen d’être correct d’un point de vue nutritionnel !


Mettre en place un programme alimentaire calculé au plus près des besoins nutritionnels de votre cheval, en tenant compte de son niveau de travail, est un gage de longévité sportive et vitale. L’alimentation du cheval est visible à 20% (brillance du pelage et du poil, santé des pieds…) mais surtout invisible à 80% (immunité, intégrité du système digestif, fertilité, statut ostéo-articulaire…).

A vos calculs !

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